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© Eric Bourdon
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Arts : L'actualité symptomale d'Eric Bourdon
sur le site Eric Bourdon, artiste peintre français | Galerie,
dans la catégorie Presse.
"Arts : Le chaos rigolo d'Eric Bourdon" en couverture de la revue Éléments n°119 (2005-2006). "L'actualité symptomale d'Eric Bourdon", un article de Paul Masquelier. Le peintre est à l'image de sa génération. Il réfléchit à travers sa peinture sur le monde qui l'environne, mais on ne sait s'il s'en abstrait vraiment...
Article dans la revue Éléments n°119 (Hiver 2005-
Arts : Le chaos rigolo d’Eric Bourdon
Le peintre Eric Bourdon est à l'image de sa génération. Il réfléchit à travers sa peinture sur le monde qui l'environne, il s'en moque avec cynisme, mais on ne sait trop s'il s'en abstrait ou s'il souhaite seulement se tenir à l'écart de ce qu'il dénonce apparemment. Sans doute est-
C'est aussi l'époque qui parle à travers lui lorsque de ravageurs autoportraits montrent l'artiste souriant vers le spectateur, les dents brossées au wonderbright, le corps probablement plus musclé que de raison. Mégalomanie ou critique de la vanité ? Un peu des deux, en somme. La dérision exclut paradoxalement ici toute remise en cause de ce dont on se rit, dans un style qui ne définit que trop bien le jeune art contemporain : ainsi chez le cinéaste Quentin Tarantino, qui ne caricature les seventies que pour les aimer, et singe leur violence sans pour autant la juger (ni en bien, ni en mal). Le pastiche, pour reprendre la formule du culturaliste américain Frederic Jameson, se substitue à la parodie. Le chaos l'emporte sur le sens.
À cette actualité symptomale de l'œuvre répond à l'inverse une certaine nostalgie formelle. Non pas vers les canons du grand art des classiques, qui semblent décidément irrécupérables par les modes de pensée d'aujourd'hui, mais vers ces expériences exubérantes de l'art du début du XXe siècle, cubisme et surréalisme en tête. Voilà encore un trait de notre temps : la rétrospective et le mélange deviennent des principes, et les critères du goût sont définitivement flous.
Les tableaux de notre peintre sont maintenant vendus dans plusieurs galeries de la capitale et de province, mais aussi à Boston : une amorce de succès se dessine donc pour lui. Certains le regretteront. D'autres se diront qu'en plus d'être instructives et de valoir comme symptômes, ces toiles ont l'infini mérite de rappeler que, malgré notre mal de vivre, nous pouvons encore trouver quelque ferveur dans le regard que nous portons sur les choses. Allez, elles ne filent pas le bourdon, les toiles de l'ami Eric !
Paul Masquelier, Éléments