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     Pas sûr qu’on ait besoin de ‘raisons’ pour savoir quoi penser des corridas. Ou plutôt halluciné qu’on en soit (vraiment?) à devoir sortir des raisons… Mais des dix invoquées par Maeva Lahmi dans son article pour l’interdiction des corridas en France (publié sur Radio-VL le 29 juillet 2016), les 2 dernières ne sont pas les moins importantes.

     La première concerne la banalisation de la torture par l’escroquerie grossière d’un prétexte artistique ou culturel.

« La corrida forme à la violence »

Le danger avec la corrida, c’est qu’en esthétisant la torture, elle la banalise. Lorsqu’une personne est capable d’humilier et de torturer un être sensible et inoffensif, ou de regarder quelqu’un le faire en s’esclaffant, son empathie disparaît. De plus, en transformant cette pratique en spectacle, la corrida glorifie la violence et la rend attrayante, y compris auprès d’enfants. En effet, il existe deux écoles taurines dans le Sud-Ouest et trois dans le Sud-Est. Des enfants âgés de sept ans y apprennent à torturer des êtres sensibles, et s’entraînent sur des veaux. Au lieu d’apprendre la compassion, le respect de l’autre et la douceur, ils découvrent la torture, le crime et la souffrance.

     La toute dernière raison prolonge la précédente. Pendant que certaines lois interdisent naturellement la torture des animaux, d’autres font exactement le travail inverse. Comment réussir les habituelles campagnes de communication contre l’abandon des animaux domestiques sur la route des vacances, ou contre la maltraitance animale en général, lorsqu’une loi précise que si on y met les formes (quelques couleurs et un chapeau ridicule), la torture peut être acceptable et faire l’objet d’un spectacle festif et familial…?

« La législation sur la corrida est incohérente »

Depuis 1850, la loi Grammont condamne les souffrances imposées aux animaux. Des tortionnaires d’animaux se voient donc fréquemment jugés et condamnés par les tribunaux. En 1951, l’Assemblée nationale vote cependant un texte précisant que « les dispositions [de la loi Grammont] ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition ininterrompue a été invoquée ». Ainsi, alors qu’une loi interdit à juste titre de torturer un animal, une autre l’autorise. Conscientes de l’incohérence de cette dérogation, d’autres régions du monde ont choisi d’abolir définitivement la tauromachie. En juillet 2010, la Catalogne a ainsi voté l’interdiction de la corrida dans la province. Espérons que la France prenne rapidement le même chemin…

 

Illustration en haut de l’article :
« Sur la route des vacances… et des corridas »
Dessin au stylo et feutre sur papier, 2017
© Eric Bourdon

 

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