tout et rien poesie libre eric bourdon


        Amis de la poésie, bonjour…


     Tout est-il tout s’il n’est pas rien ? Et réduit à rien, peut-il se retrouver ?…

     Le texte qui suit, « Tout et rien », a reçu le 3ème « Prix Paul-Jean Toulet », du nom du poète palois du 19ème-20ème siècle qui servit d’inspiration au courant des poètes dits « fantaisistes »… Un prix remis lors des XXVèmes Jeux Floraux du Béarn qui se sont déroulés à Pau, sous l’égide de l’association poétique et humanitaire Poètes Sans Frontières (dont vous retrouverez en cliquant ici la revue L’Etrave, n’hésitez pas à vous abonner !).

     Ce texte vous explique (enfin!) l’origine du monde. Alors on me dit : « C’est ambitieux !… », à quoi je réponds : « N’en faites pas tout un plat, vous verrez c’est trois fois rien ! ».


     On me dira aussi : « Mais les Jeux Floraux du Béarn, c’était en juin ! ». Oui… mais vu le sujet, on n’est pas à 2 mois près, ni même à 2 billions d’années. Vous pouviez patienter. Troisième point, c’est l’origine du monde, mais rien à voir avec l’œuvre de Gustave Courbet, n’espérez rien de ce côté-là, vous serez (très) déçu. Enfin, c’est un texte de poésie libre, c’est-à-dire que la seule règle c’est qu’on fait à peu près ce qu’on veut, n’y cherchez pas d’alexandrin, si vous en trouvez un il s’est perdu, ramenez-le à sa môman. Ah oui, aussi : j’hésite entre demander la lecture de ce texte à Raymond Devos ou à Claude Piéplu. Evidemment le choix est facile, les deux sont morts. Mais si vous pouviez prendre un mélange d’intonations de l’un et de l’autre en le lisant tout haut, ça me ferait plaisir…





Tout et rien

 

Au commencement, tout était parfait !
Rien n’existait, que ce qui existait sans l’aide de rien…
Qu’était donc ce Tout, qui ne dépendait de rien pour exister ?
Personne n’en sait rien, et c’est tout à fait étrange !
Mais rien d’autre n’existait, que ce Tout qui tenait sans rien.


Et pourtant, à ce Tout il manquait tout de même quelque chose…
Car il savait bien qu’il n’était pas rien : ni un petit, ni un grand rien.
Et ce Tout ne dépendait strictement de rien du tout !
Il ne savait donc rien de l’expérience de n’être pas grand chose…
Ce Tout n’était tout compte fait pas vraiment tout !


Alors, tout s’est écroulé !
Tout est devenu rien, ou peu de chose…
Tout est devenu le contraire de tout.
Tout n’était plus sûr de rien, pas même d’être tout.
Tout était foutu !


Tout, réduit à rien, fit alors comme si de rien n’était.
Il se contenta de peu…
Puis, mine de rien, il chercha un peu plus que rien.
Histoire d’améliorer l’ordinaire !
Tout ne se satisfaisait déjà plus de rien…


Tout doucement, jour après jour, Tout se reconstruisait.
Ce n’était pas facile du tout, mais on n’a rien sans rien !
Pourtant, si Tout n’avait rien oublié…
Il se serait souvenu que lorsqu’on est tout un jour…
On est tout pour toujours !


Alors qu’il se prenait pour rien, ou pour pas grand chose…
Tout était en fait toujours tout, tout en étant rien.
Lorsqu’il courait après à peu près tout…
C’était après tout, sans le savoir, vers lui-même qu’il courait !
Tout n’était pas perdu ! Tout jouait !


En toute honnêteté, Tout avait toujours été égal à lui-même…
Tout était tout, et rien à la fois.
Et lorsqu’il jouait à n’être rien, il poursuivait tout !
En étant tout et rien à la fois, Tout était vraiment tout.
Tout était dans tout !





Texte en version pdf




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