art crétin tableau peinture eric bourdon
Zoom sur la peinture


Art Crétin

Peinture acrylique originale sur toile de lin
Dimensions du tableau : 65 x 54 cm

© Galerie du peintre Eric Bourdon, Lille, 2019



     Une pièce historique : la première oeuvre d’Art Crétin officiel. Lisez le Manifeste de l’Art Crétin !


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MANIFESTE DE L’ART CRÉTIN



L’Art Crétin ne s’oppose pas à la raison, il s’en moque et la remet à sa juste place.


L’oeuvre d’Art Crétin n’est pas conçue par l’esprit avant d’être réalisée, et elle ne prend pas de signification rationnelle au cours ou à la fin de son élaboration.


L’Art Crétin ne réalise pas de projet extérieur à lui-même.
Le peintre crétin, par exemple, n’obéit à aucune instruction intellectuelle ou idéologique, pas plus qu’il n’obéirait à une instruction musicale ou sportive. Il assume pleinement la nature de son propre espace créatif, ne cherche pas à diriger d’autres espaces créatifs et ne se laisse pas diriger par d’autres espaces créatifs.


L’Art Crétin est l’art d’un âge mûr, libéré de toute aliénation.
Il n’est au service de rien. Il est ce qu’il est. Il n’a pas de « sens », pas de titre (compréhensible), pas de revendication sociale ou d’objectif politique. On ne peut pas dire de lui qu’il « sert à quelque chose », il ne cherche pas à se justifier, il est ce qu’il est, il est là, tel qu’il est, il est, c’est tout.


Ce manifeste n’a pas pour vocation d’expliquer ou de justifier l’Art Crétin. Toute tentative de justification revient à tomber dans l’un des multiples pièges tendus par la raison. Ce texte montre une direction, il est un panneau indicateur. Ce manifeste n’est pas lui-même de l’Art Crétin. L’Art Crétin n’est pas sur cette page. L’Art Crétin est ailleurs. Vous ne comprendrez pas l’Art Crétin avec ce texte. Vous ne comprendrez pas l’Art Crétin. L’Art Crétin n’est pas « compréhensible ».


L’Art Crétin n’est pas l’ennemi de la raison, mais il est art, et non raison. Les vrais ennemis de la raison sont ceux qui veulent lui donner un rôle qui ne lui correspond pas. On a donné trop de place à la raison, on a attendu d’elle qu’elle dirige tout, qu’elle commande toute activité créatrice, et qu’elle en évalue les résultats. On a voulu en faire à la fois le commandant suprême, l’interprète et le juge de toute activité et de toute création.


L’Art Crétin fait une place à la raison, même dans l’art. La raison est un outil, merveilleusement précieux s’il est utilisé par petites touches légères, ici ou là, de façon parcimonieuse. Le peintre crétin, par exemple, peut réfléchir en réalisant son oeuvre, de même qu’il peut écouter un morceau de musique. Mais sa création n’est pas une oeuvre de la raison, pas plus qu’une oeuvre musicale. En donnant trop de place à un outil, trop de place à la technique, aux facultés intellectuelles, à la pensée, nous avons oublié celui qui se sert des outils. La technique a fini par commander l’être, au lieu de le servir. La queue a fini par remuer le chien, au lieu que ce soit le chien qui remue sa queue. Bien utilisée, la raison n’a pas besoin de plus de 5% de l’espace qu’elle a l’habitude d’occuper dans l’art d’aujourd’hui. Une raison qui connaît sa place est comme un chien qui connaît sa place : c’est une raison heureuse.


L’Art Crétin ne réalise pas de projet politique. Mais l’hypertrophie de la raison et de la pensée infectant tous les niveaux de la société, et nous faisant perdre de vue l’essentiel (nous-mêmes), l’Art Crétin pourra inspirer par sa meilleure relation avec la raison bien d’autres mouvements, dans tous les domaines, y compris en politique. Nous avons été contaminés depuis des siècles par l’hypercroissance du statut de la pensée, au point de nous estimer vivants en proportion de notre faculté à penser : « Je pense donc je suis »… Cette place que la raison a prise de plus en plus dans la société s’est accompagnée d’une déshumanisation grandissante, de la recherche effrénée de ce que nous croyons être nos « intérêts », d’une course folle vers la croissance, le profit, la possession, d’un sentiment accru d’anxiété et d’insécurité permanente, de la destruction de notre rapport aux formes de vie qui ne nous sont d’aucune utilité et de l’asservissement total de toute autre forme de vie, ainsi que de l’anéantissement pur et simple du système écologique à l’intérieur duquel nous vivons nous-mêmes. Cette raison qui devait être une de nos principales alliées, nous en avons fait une arme de destruction massive de la vie, au propre comme au figuré. Dans tous les domaines, il faut retrouver un rapport direct à nous-mêmes, à ce que nous sommes au-delà de la pensée. Et aussi découvrir ce que nous sommes sans pensée, que sans pensée nous sommes encore, et que nous sommes peut-être bien plus encore. Que nous pouvons utiliser la pensée, mais que la pensée ne nous définit pas.


En politique, par exemple, on pourrait imaginer (sans qu’il y soit question d’art) un nouveau parti qu’on nommerait le Parti Crétin-Démocrate. Le Parti Crétin-Démocrate commencerait ses réunions sans débattre. Pendant un long moment, presque un moment d’éternité, tous ses membres pourraient, ensemble, s’arrêter de penser, et s’apercevoir qu’ils existent encore, et plus que jamais, jusqu’à ce qu’ils en rient de bonheur ! Une fois cela établi, tout débat quel qu’il soit ne serait que mille fois plus productif (dans le bon sens). On ne se poserait que les bonnes questions et on éviterait ainsi les 95% de débats réellement inutiles, les querelles d’identité, de pouvoir et d’ego. Les débats au sein du Parti Crétin-Démocrate ne ressembleraient évidemment en rien à ce que sont les débats dans la société d’aujourd’hui…


Bien sûr, de nombreuses oeuvres d’Art Crétin existent déjà, et depuis longtemps. L’Art Crétin officiel a des prédécesseurs historiques, notamment l’Art Brut et l’Art Singulier, qui désignaient l’art des fous, des personnes exemptes de culture artistique, et celui de marginaux de toutes sortes : prisonniers, reclus, mystiques, anarchistes ou révoltés. Essentielle aussi, l’ancienne notion d’ « Art pour l’Art » qui valorise l’art autonome et fièrement inutile. Et comment ne pas évoquer cet art que les nazis ont qualifié de « dégénéré » ?… En 1937, la grande « exposition d’art dégénéré » organisée à Munich par Joseph Goebbels pour tenter d’humilier les artistes exposés (dont un certain nombre de malades mentaux), connaîtra un tel succès populaire que le ministre de la propagande décidera de la fermer. L’ « art dégénéré » (décolonisé, en réalité) était l’art qui n’était pas en phase avec la défense des valeurs « héroïques », psychologiques et politiques du nazisme. En 2007, le cardinal allemand Joachim Meisner a repris cette expression d’art « dégénéré » à propos de l’art « qui se sépare de la religion »… L’Art Crétin n’est au service d’aucune idéologie politique, culturelle, religieuse, morale, qui voudrait s’en faire un outil de propagande, de publicité. Le simple fait pour l’Art Crétin de s’assumer crânement est par lui seul une incroyable force de lutte contre les totalitarismes d’extrême droite comme d’extrême gauche.


L’Art Crétin existe déjà mais il n’a jamais été pleinement assumé comme tel. Nombreux sont les artistes crétins qui s’ignorent. Certains n’ont pas conscience d’en être, ils n’y ont jamais pensé et c’est très bien. D’autres tentent de se justifier et retombent ainsi très vite dans les pièges de la raison. Quelques artistes crétins s’assumeraient volontiers comme artistes crétins, s’ils n’avaient autour d’eux des personnes très sérieuses qui ne supportaient pas leur liberté artistique et exigeaient constamment qu’ils justifient leur création d’un point de vue rationnel et selon divers critères d’intérêt culturel et d’utilité sociale. D’autres artistes sont de parfaits artistes crétins mais dans le déni, et sont eux-mêmes terriblement sérieux. Ils justifient des oeuvres sans aucun sens avec des discours intellectuels hautement élaborés par lesquels ils veulent se rendre intéressants. Ceux-là sont en général très prétentieux et n’hésitent pas à fustiger violemment l’Art Crétin qu’ils voient chez leurs confrères, même si cet art est beaucoup moins crétin que le leur ! Enfin, certains artistes crétins n’ont pas d’obstacle majeur à surmonter, mais ils n’osent tout simplement pas s’assumer artistes crétins. Ce sont des crétins honteux… La promotion de l’Art Crétin officiel à travers le monde permettra de faire sortir tous les artistes crétins de l’ombre, et d’illuminer l’univers par la lumière et les couleurs de l’art libre et inutile.



L’Art Crétin, fait par des Crétins, pour une génération de Crétins !



Rejoignez le mouvement !









Le Manifeste de l’Art Crétin est aussi disponible en fichier pdf [100Ko]




english eric bourdon   Dumb Art – Painting and official Manifesto




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