Peinture pointilliste de Georges Seurat

Publié le 22-10-2017 par Eric Bourdon | Commenter
Catégorie(s) : Analyses, Peinture


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( Zoom sur le tableau de Georges Seurat )

 

Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte
 
Peinture à l’huile sur toile de Georges Seurat, 1886
207,6 × 308 cm
Institut d’art de Chicago
 

     Georges-Pierre Seurat (1859-1891) est le peintre français initiateur du courant pointilliste (aussi appelé divisionnisme, néo-impressionnisme, chromo-luminarisme, ou peinture optique). Le pointillisme consiste à peindre par juxtaposition de petites touches de couleurs (de forme et de taille toujours identiques), et seulement des couleurs pures plutôt que mélangées sur la palette.

 

     L’effet visuel d’une peinture pointilliste tient plus au fait qu’elle soit simplement composée d’une multitude de petits points, qu’à la manière dont les couleurs se créent. Un vert composé de points bleus et jaunes qu’on regarde de loin, ou d’un mélange de peinture bleue et de peinture jaune, reste un vert. La mauvaise qualité de la peinture peut jouer en assombrissant les mélanges, on pourra les éclaicir ou les rectifier, ou prendre un tube de vert… Mais au final, que la couleur désirée soit présente physiquement sur la toile, ou qu’elle se crée dans l’œil du spectateur, ne change en réalité rien à sa luminosité, contrairement aux théories prétendument scientifiques invoquées à l’époque par les pointillistes. Des théories complexes appliquées d’ailleurs très strictement par leurs auteurs, mais qui servaient surtout à donner beaucoup de sérieux à une nouvelle technique cible de violentes critiques, et du mépris total des peintres de l’époque.

     Par contre, le « papillotement » des couleurs que l’on observe dans les œuvres pointillistes est sans précédent. L’intensité lumineuse des peintures ainsi créées dépasse de loin celle des œuvres impressionnistes. Seurat présentera Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte à la huitième exposition des impressionnistes en 1886, qui sera aussi la dernière. Avec le passage des touches de tailles variées des impressionnistes aux minuscules points des point-illistes, on peut voir le pointillisme comme la continuation, voire peut-être l’aboutissement ultime, de l’impressionnisme. Mais il s’en distingue par l’importance donnée à la théorie optique, à une méthode qui se veut plus scientifique qu’artistique, et par la minutie et l’obsession avec lequelles les points colorés sont placés et espacés. Bref, la froideur calculatrice digne d’une imprimante à jet d’encre que suppose, paradoxalement, la réalisation d’œuvres aussi vives et pétillantes…

     La technique de Georges Seurat aura ainsi rapidement séduit plusieurs peintres : Paul Signac et Camille Pissarro, avec lequels il a formé le groupe des « impressionnistes dits scientifiques »… Mais aussi Henri-Edmond Cross, Charles Angrand, Maximilien Luce, Hippolyte Petitjean, Albert Dubois-Pillet, Dario De Regoyos, Georges Lemmen, Henri-Edmond Cross, Léo Gausson, Louis Hayet, Lucien Pissarro, Théo Van Rysselberghe, Vincent Van Gogh, William Finch…

     Après la mort prématurée de Seurat en 1891, à l’âge de 31 ans, Paul Signac prend la tête du mouvement qui s’éteindra dans les dernières années du XIXe siècle. Au début du XXe siècle, certains artistes comme Henri Matisse, Édouard Vuillard, Paul Klee, Robert Delaunay, et Pablo Picasso s’inspireront du procédé pointilliste.

 


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