ramiro arrue 440 eric bourdon

( Zoom sur le tableau de Ramiro Arrue )

 

Famille de pêcheurs et paysans
 
Peinture à l’huile sur toile de Ramiro Arrue, 1927
76 × 122 cm
Musée Basque, Bayonne

 

     Ramiro Arrue y Valle (Bilbao, 1892 – Saint-Jean-de-Luz, 1971) est un peintre figuratif, illustrateur, céramiste basque espagnol qui a consacré toute son œuvre au Pays basque. Il est co-fondateur, en 1922, du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne.

 

     À dix-neuf ans, Ramiro arrive à Paris pour suivre des cours à l’Académie de la Grande Chaumière. Il côtoie alors le milieu artistique de Montparnasse, dont ses compatriotes Nemesio Mogrovejo, Ignacio Zuloaga, Paco Durrio (Francisco Durrio), et le sculpteur Antoine Bourdelle. Il fréquente aussi le Bateau-Lavoir et Pablo Picasso, à la naissance du cubisme qui caractérise, un temps, nombre de ses tableaux. Il rencontre Amedeo Modigliani et Jean Cocteau. En 1911, il expose au Salon des Artistes français.

     En 1925, il obtient une médaille d’or à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs avec la toile monumentale Le fandango visible à la mairie de Saint-Jean-de-Luz. Il expose à Bayonne, Pau, Strasbourg, Bilbao, Cordoue… Avec son frère José Arrue, il expose aussi en Amérique du Sud : à Buenos Aires, Montevideo. Mais il revient toujours au Pays basque, à Saint-Jean-de-Luz où il s’installe en 1917, et où il puise toute son inspiration : paysages, portraits, scènes de la vie quotidienne… Il est membre de l’Association des Artistes Basques, puis du Groupe des Neuf.

     En 1965, Arrue obtient à Saint-Sébastien le premier prix du Paysage basque. La fin de sa vie est marquée par la solitude et le dénuement. Il meurt en avril 1971 d’un cancer du poumon.

     Ramiro Arrue demeure le peintre le plus représentatif du Pays et de l’âme basques. Il illustre un Pays basque qui traverse le temps, presque teinté de mystère. Un Pays basque qui met en scène des hommes et des femmes dans leur quotidien. Des basques sereins mais toujours actifs, avec en arrière-plan un paysage inanimé, comme éternel.

     Son tableau Famille de pêcheurs et paysans réunit 3 générations. Les deux groupes de personnages incarnent le monde rural et le monde maritime, le travail de la terre et celui de la pêche artisanale, ces deux activités séculaires des villages côtiers du Pays basque. Celles-ci suffiront aux besoins alimentaires de la population locale jusqu’à la moitié du 19ème siècle, lorsque se développent les méthodes industrielles.

     L’artiste sacralise le quotidien des Basques (qui n’est déjà plus exactement d’époque) en puisant son inspiration chez Pierre Puvis de Chavannes, Paul Gauguin et Maurice Denis. Il exalte le juste repos et les fruits du travail, la famille réunie, signe de pérennité humaine, et le paysage immobile encore à peine effleuré par la saine activité des hommes. Il met en valeur la simplicité et la rusticité des mœurs, transformant ses figures en solides symboles qui vivent en harmonie avec une nature bienfaisante et immuable.

     Entre académisme et modernité, les peintures intemporelles de Ramiro Arrue s’inscrivent pleinement dans la peinture moderne du 20ème siècle, et ses quelques incursions cubisantes apportent élégance et rigueur à un ensemble au premier abord basé sur la simplicité du trait.

     Pour en revenir au Pays basque, voici les raisons qui, je crois, m’y ont retenu : l’affection que j’éprouve pour tout ce qui en fait partie, sa nature, sa vie, ses mœurs, sa musique, ses chants. Le caractère des hommes et la grâce rustique des filles dans leur simplicité noble et primitive, leurs attitudes et leur personnalité, la force tranquille des marins et des pelotaris, la souplesse des danseurs et l’archaïsme des travailleurs de la terre. (Ramiro Arrue, 1931)

 


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