tableau peinture acrylique carnica humanité peintre eric bourdon

 

Extrait du tableau Carnica
Peinture acrylique 73 x 60 cm
© Eric Bourdon 2015

L’humanité carnivore, par Florence Burgat
Une conférence au Palais des Beaux-Arts de Lille, où a également
lieu l’exposition « Jean-François Millet, Rétrospective ».
Conférence le samedi 18 novembre, de 16h30 à 18h30
Place de la République à Lille
Entrée libre
Page Facebook : facebook.com/events/126713587949742

 

     Pourquoi mangeons-nous de la viande ? Parce que c’est… bon ?? Dans L’humanité carnivore, son livre paru cette année au Seuil, Florence Burgat voit derrière le prétexte culinaire ou gustatif une tout autre raison. Alors que l’humanité peut vivre d’une alimentation entièrement végétale, elle tue et mange des animaux… pour se rappeler qu’elle s’en est séparée.

 

     Ces êtres pas si différents de nous, dont on n’a jamais été aussi bien informés de l’intelligence et de la profondeur de la vie émotionnelle, nous les réduisons à néant de la manière la plus radicale. Abattage, découpage, commercialisation, consommation, mastication… ingestion… L’alimentation carnée institutionnalisée, systématisée, universalisée, coupe l’homme de la nature. Elle le rassure dans la conception qu’il a de lui-même comme un être absolument supérieur.

     Florence Burgat montre comment, du sacrifice à l’abattage industriel, les hommes ont choisi de maintenir une relation sanglante aux bêtes. Elle évoque la chasse au paléolithique, les sacrifices d’animaux dans l’Antiquité. Elle fait également un détour par le cannibalisme, qui met en lumière des choses que nous n’arrivons pas à penser dans l’alimentation carnée. Ce qui fait horreur dans le cannibalisme, ce n’est pas le crime. Mais c’est le fait qu’on puisse manger notre semblable. Car il y a dans la manducation (le fait de manger) de la chair de l’autre, une absence totale de reconnaissance.

     Aujourd’hui, toute une industrie propose des produits végétaux parfaitement suffisants à l’alimentation humaine. Mais si l’humanité mange de la viande, c’est pour manger les animaux et perpétuer ainsi, aujourd’hui, un rituel symbolique. Une très grande majorité ne souhaite donc pas sortir de cette relation sanglante.

     C’est là qu’intervient, dans la réflexion de Florence Burgat, le marketing, qui joue un rôle central. À partir des simili-carnés, ces produits végétariens qui imitent le goût de la viande, le marketing aurait à convaincre les carnivores qui n’ont pas du tout envie de cesser de l’être que cette boucherie continue, que la viande est toujours là…

     C’est ce que l’on pourrait appeler l’organisation d’un mensonge. Mais un mensonge en tous points comparable au mensonge actuel qui va dans le sens de la boucherie, et qui nous montre par exemple sur des paquets de fromage une chèvre et son petit, alors que l’on sait bien que l’on tue les chevreaux pour avoir du lait. Ou encore la tête d’un cochon jovial, apparemment ravi de s’être fait découper en tranches (après être passé par les étapes barbares de l’ « élevage » dit respectueux, et de l’abattage) pour notre plaisir souverain… Et surtout pour confirmer la très haute idée que l’Homme, cet être d’exception si fragile, voudrait se faire de lui-même.

 


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